Comment déchiffrer les étiquettes de produits cosmétiques ?

« Devrais-je prendre cette crème ou celle-là ? »

« Ah mais quel ingrédient est bon pour la peau ? »

« Je ne comprends rien aux composants ! »

Combien de fois nous sommes nous poser ces questions ? Beaucoup trop de fois. Avec tous les nouveaux produits qui sortent chaque année et qui nous promettent mille et une merveilles, il est de plus en plus difficile d’en choisir un qui soit bon pour notre peau, pour nos cheveux, et plus important, pour notre santé ! Car oui, certaines sociétés usent de substances chimiques suspectées d’avoir des effets dignes de perturbateurs endocriniens.

I. L’INCI, c’est quoi ?

En 1973, l’association américaine CTFA (Cosmetic, Toiletry and Fragrance Association) crée une liste qui permet de présenter les composants de produits cosmétiques. La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredient) est une nomenclature qui doit se retrouver sur les emballages de cosmétiques.

Cette liste a pour obligation d’adresser aux consommateurs la totalité des ingrédients dans un ordre et sous une dénomination, tous deux spécifiques. Les composants sont répertoriés en fonction de leur quantité, par ordre décroissant. Le premier ingrédient est toujours le majorant, il s’agit souvent de l’eau. Mais attention, le dernier ingrédient n’est pas obligatoirement le minorant. Pourquoi ? Tout simplement, car les éléments dont la concentration est inférieure à 1% peuvent être mentionnés dans le désordre, soit aléatoirement ou stratégiquement.

Dans cet exemple, « AQUA/WATER/EAU » est l’élément principal, en grande quantité dans cette crème.

II. Décryptage de la nomenclature INCI

Cette nomenclature est écrite dans deux langues : le latin et l’anglais.

Les termes latins sont destinés aux extraits de plante tandis que ceux anglais, indiquent les noms usuels des molécules, de substances chimiques, et parfois d’origine naturelle.

Centaurea Cyanus Flower Water : Centaurea Cyanus signifie Bleuet en latin.

Les termes « fragrance/parfum » regroupent un ensemble d’ingrédients parfumant ou aromatisant le produit.

Un Colour Index désigne les colorants qui teintent les cosmétiques. Il se code de cette façon : CI suivi d’un nombre à cinq chiffres.

Les nanomatériaux sont des particules d’une taille maximum de 100 nanomètres. Ils sont mentionnés par le préfixe « nano » entre crochets. Par exemple : Zinc oxide [nano], dont l’appellation française est Nano-oxyde de zinc.

Les composants reconnus en tant qu’allergènes sont généralement étiquetés en fin de liste. Ces substances doivent être détaillées.

III. Les inconvénients du système INCI

Le fait que de nombreux pays, tels que ceux de l’Europe, utilisent ce système est un bon avantage. Cela permet de comparer des produits dans des villes américaines ou japonaises. Malgré cela, la nomenclature INCI présente tout de même des limites à ne pas négliger. Dans la plupart des cosmétiques, la quantité exacte des composants reste inconnue. C’est le but du secret industriel, qui évite aux compagnies concurrentes de reproduire un même produit. L’origine ainsi que le mode de fabrication peuvent ne pas être précisés. Ce faisant, il est possible que certains ingrédients soient génétiquement modifiés. Le secret industriel peut aller très loin au point d’amener le fabricant à coder un composant en chiffres et lettres.

Le problème restera toutefois l’incompréhension du langage pour une personne souhaitant sélectionner un cosmétique sain. De plus, l’utilisation du mot  » parfum  » est vraiment trompeuse puisqu’elle rassemble de nombreuses fragrances et dissimule les actifs synthétisés ajoutés dans des produits soi-disant végétaux. Par conséquent, ces substances ne sont ni mentionnées malgré un fort dosage, ni identifiées. Certaines de ces substances peuvent provoquer des allergies, des irritations et autres… Il est important de se méfier du terme  » parfum  ».

IV. Applications, sites…

Il existe des sites internet et des applications mobiles qui permettent de mesurer la dangerosité d’un ingrédient, voire même d’un cosmétique. Toutefois, il faut tout de même garder un esprit critique et ne pas avaler tout ce qui est dit ou révélé. Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à vous documenter plus profondément dans des ouvrages ou sur le net.

On va vous présenter un site efficace : La vérité sur les Cosmétiques. Ce site attribue à chaque composant donné un nombre de petits bonhommes colorés. Les couleurs ont bien évidemment un code, allant du vert au rouge en passant par de l’orange. L’évaluation peut aller du « très bien » au « déconseillé ».

Exemple avec les deux colorants :

Vous pouvez très bien analyser tous les ingrédients d’un produit et vous faire un avis en fonction des résultats. Il est vrai qu’un cosmétique avec de plusieurs petites têtes rouges ne donnent pas très envie.

Important : De plus en plus d’applications mobiles scannant les composants d’un produit pour attribuer une note apparaissent, comme Inci Beauty ou bien Yuka. Parfois, il est possible que les notes soient très différentes sur un même cosmétique. Et dans ces cas-là, il est compliqué pour le consommateur de savoir qui croire ou non. Un article de Slate.fr traite de sujet, cliquez ici.

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