Beurre de karité brut ou raffiné : comment les distinguer et quels enjeux socio-écologiques ?

Ah, le beurre de karité… Solution miracle, qui résout nombreux problèmes qu’ils soient capillaires, cutanés. Un produit à avoir dans son tiroir de la salle de bain. Un must have, dirait-on ! Cependant, savez-vous que tous les beurres de karité ne se valent pas ? Il se pourrait que vous ne profitiez pas pleinement des effets bienfaiteurs de ce produit.

Le karité, c’est quoi ?

Tout d’abord, c’est un arbre venant des terres de l’Afrique de l’Ouest et centrale. Pour la plupart du temps, il est retrouvé dans la savane. Les fruits qu’il donne sont des baies qui peuvent contenir jusqu’à une ou deux amandes dures. Chaque amande peut renfermer plus de 50% de matières grasses. Ces fruits de karité sont comestibles et indispensables quant à la production du fameux beurre de karité.

Quels sont les différents beurres de karité ?

Il existe deux types de beurres de karité, qui connaissent des extractions similaires mais un traitement distinct.

1. Le beurre de karité pur

Après l’extraction des matières grasses, l’objectif est de garder le plus possible ses caractéristiques naturelles, riches en principes actifs et en vitamines. Dans ce cas-là, il peut être considéré comme étant un produit d’origine naturelle. Si vous souhaitez plus renseignements quant au terme ‘’origine naturelle’’, on vous invite à lire notre article : ici.

2. Le beurre de karité raffiné

Contrairement au beurre précédent, des produits et techniques chimiques s’ajoutent au traitement. Ce qui dénaturalise et amoindrit les apports bienfaiteurs du beurre de karité.

Les deux principaux modes d’extraction

1. L’extraction traditionnelle

Après avoir été préalablement lavées et séchées à la lumière du soleil, les amandes du fruit sont broyées manuellement pour obtenir une sorte de pâte. Cette pâte sera par la suite barattée à de l’eau avant d’être mise dans un chaudron pour une longue cuisson. Cela va permettre d’y débarrasser les impuretés et d’y récupérer les matières grasses (le beurre). Ce beurre de karité sera filtré maintes fois, battu à la main avant d’être conservé dans un pot.

Voilà les beurres de karité utilisés pour la fabrication des produits Iwalewa par les femmes du village Oronkua, au Burkina Faso. Nous avons pu les suivre durant les étapes de fabrication et nous vous partageons certaines photographies.

2. L’extraction à froid

Celle-ci consiste au broyer des fruits dans un presse à froid, à une température inférieure à 80°C environ. Une fois broyés, ils sont ensuite filtrés.

Note importante : On vous rappelle que le procédé d’extraction entre ces deux beurres de karité sont équivalents. Cependant, l’huile végétale raffiné est désodorisé puis décoloré, et ce parfois en plein processus d’extraction. C’est pour répondre aux attentes, voire aux exigences des entreprises ou consommateurs gênés principalement par l’odeur.

Les idées reçues et parfois faussées

Il y a un abus de langage lorsqu’il est qualifié de raffiné, étant donné que ses propriétés fondamentales sont masquées et fortement réduites, environ de 50% à 80%. Ce qui est énorme !

« Plus le beurre de karité est jaune, plus il est efficace. Plus il est blanc, plus il est traité.  » Qui n’a jamais entendu cela ? Eh bien, cet argument est à moitié faux, notamment pour la première phrase. En effet, la couleur du karité en est partie un facteur jouant sur sa pureté ainsi que sa qualité. Mais attention, dans certaines régions, les fruits de karité peuvent être cultiver sous différentes couleurs, allant du jaunâtre au grisâtre. Par exemple, c’est le cas au Mali : le beurre ressort grisâtre, contrairement au Burkina Faso, où il a tendance à être dans les tons jaunes.

De ce fait, un beurre de karité pur et gris peut avoir les mêmes qualités que celles du karité jaune.

Comment reconnaître un beurre de karité de bonne qualité ?

Il est censé se fondre au contact d’une peau humaine. Lorsqu’il comporte une texture granuleuse et qu’il est souvent difficile à étaler, à appliquer, c’est qu’il y a un problème !

La couleur d’un bon beurre de karité n’est jamais blanche, ivoire. Elle peut être tout à fait jaune, gris foncé, mais jamais blanche. Cela signifie que le beurre de karité a été traité, donc décoloré.

L’odeur est aussi un facteur à prendre en compte : un beurre de karité de bonne qualité doit présenter une légère odeur d’amandes grillées. S’il est inodore, c’est qu’il a été soumis à des produits chimiques.

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Quelles conséquences socio-écologiques ?

Le raffinage est un recours rentable pour les industriels mais polluant. Afin de dépenser le moins possible, tous les fruits de karité sont sélectionnés aussi bons que mauvais. De ce fait, nous tombons dans « une surexploitation des ressources du karité ». Le karité est inscrit dans les ressources menacées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (l’UICN), et ce depuis qu’il est utilisé par le secteur agroalimentaire suite au scandale de l’huile de palme.

Les femmes vivant de ce métier pâtissent de cette situation, car leurs noix de karité sont achetés à moindre coût et qu’elles doivent suivre des modèles imposés.

Le projet de Carole Tawema, le Miel de Karité, a pour objectif de valoriser l’indépendance des métiers des femmes africaines, notamment des cueilleuses de karité. Elle aborde ce sujet, comme les enjeux à opter pour un beurre de karité pur ou raffiné dans son interview sur le blog Oolution.

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