Beauté responsable : ce qu’il faut savoir pour changer le monde depuis votre salle de bain

Dans vos rêves les plus fous vous êtes une héroïne qui vient sauver le monde ? Et si c’était possible rien qu’en changeant votre façon de consommer ?

La consomm’Action ou consommation responsable est le fait de donner du sens à son argent en effectuant des achats qui profitent aux bonnes causes. Celles-ci sont diverses et plus urgentes les unes que les autres comme l’écologie, les conditions de vie professionnelle ou encore la rémunération des travailleurs.

En ajustant votre routine beauté, vous serez en mesure d’exprimer vos valeurs et contribuer à rendre le monde meilleur jusque dans votre salle de bains ! Cela nécessite de prendre en compte quelques points.

1. Retour à l’essentiel

La beauté engagée commence par la conversion au minimalisme. Consommer mieux c’est aussi consommer moins et alléger sa routine beauté par la même occasion. Le fait de réduire le nombre de produits dans sa salle de bain et de revenir à l’essentiel évite l’accumulation de potentiels emballages dans la nature. Cela permet en plus une meilleure sélection de ses soins cosmétiques en optant plutôt pour de la qualité et pour des produits créés dans le respect de vos valeurs.

Bien entendu, le choix de ses cosmétiques se fait après avoir bien enquêté sur les processus de fabrication de la marque. Il s’agira de bien analyser la communication de la marque, récolter des avis.

2. Les labels sont des indices

Tandis que le label Bio va plus renseigner sur l’impact écologique avec le type d’agriculture pour certaines matières premières, la qualité des ingrédients utilisés,etc. le label Fairtrade (commerce équitable) est plus centré sur l’épanouissement de l’humain. Mais si les labels peuvent servir de guide, ils présentent également leurs limites. Nous abordons le sujet ici pour le label Bio. S’agissant du label commerce équitable, si ce dernier garantit des conditions professionnelles et une rémunération juste des travailleurs, il fait aussi polémique.

3. Peut-on aller plus loin que le commerce équitable ?

A l’origine, le label Fairtrade a été créé pour soutenir les petits producteurs locaux en les rémunérant de façon plus juste. Comme on peut le lire sur le site de la fondation Max Havelaar, l’histoire commence dans les années 90 avec une volonté d’introduire un café équitable en Suisse. Depuis leurs activités s’étendent à la lutte contre le travail des enfants, l’égalité des sexes, ou encore le changement climatique.

Mais de plus en plus, la question se pose de si ce label crée réellement plus de richesses auprès des petits producteurs. Il s’avérerait que pas forcément. Un suivi de 4 ans publié par l’école des études orientales et africaines de Londres révèle en 2016 que les ouvriers ougandais de la filière café équitable gagnent moins bien leur vie que ceux de la filière café « classique ». Il semblerait que l’engouement généré autour du Fairtrade ait créé un milieu concurrentiel où l’offre dépasse parfois la demande. Plusieurs producteurs se confrontent à une difficulté d’écoulement de leur stock notamment dans la filière coton au Burkina Faso.

Le commerce équitable est également critiqué pour sembler enfermer les producteurs de pays émergents dans une sorte de bulle de dépendance. Ils doivent produire le même type de culture à faible volume pour satisfaire les besoins d’une minorité de clients présents sur des marchés étrangers. Ils pourraient plutôt s’émanciper vers des cultures qui profiteraient également à leur économie locale. Ils créeraient également plus de richesse en établissant un système de transformation de leurs propres matières. Ainsi les pays émergents pourraient miser sur un nouveau type d’économie qui inclue une industrialisation et donc création d’emplois multiples. Ce point est bien expliqué sur le Blog « Pour un monde solidaire ».

Rien n’est évidemment tout blanc ou tout noir. Le commerce équitable continue tout de même de conscientiser sur la situation des travailleurs ruraux. Mais on peut désormais aller plus loin que ce label et mettre les producteurs au cœur de la transformation de leurs propres matières.

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