Beauté éthique : reconnaître les marques qui vous font consommer de manière plus responsable

La crème de jour d’abord tartinée dans l’oeil du lapin Freddy avant d’arriver dans votre salle de bain ça ne vous dit plus ? Ou vous en avez assez des géants qui profitent de populations défavorisées pour se faire toujours plus de marge ?

Les marques de cosmétique se comptent par centaine sur le marché mais ne se valent pas toutes. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous tourner vers celles dites éthiques. Mais comment s’y retrouver lorsque certaines marques sont passées expertes dans l’art de nous faire croire qu’elles sont engagées alors que leur but unique est de soigner leur propre image et faire plus de ventes ? Il est toujours difficile de s’isoler de tout bruit extérieur afin de reconnaître avec clairvoyance les marques qui portent réellement nos valeurs.

Au fait c’est quoi une marque éthique ?

Selon le Larousse, l’adjectif éthique désigne « ce qui intègre des critères moraux dans son fonctionnement ». La morale elle-même étant « un ensemble de règles de conduite considérées comme bonnes », la description du mot éthique est d’autant plus large et imprécise. Dans le secteur industriel, le mot couvre en général deux aspects : la minimisation de l’impact environnemental et l’optimisation des conditions de travail de tous les intervenants. Partant de ces faits, 3 critères peuvent aider à reconnaître une marque de beauté dite éthique.

1. L’origine des matières premières et les procédés de fabrication

 » Le raffinage est utile aux industriels, […] Mais il enferme les productrices dans un cercle vicieux où la norme est un karité de faible qualité, acheté à bas prix »

– Carole Tawema, blog Oolution

Ces points sont intéressants à regarder non seulement pour ne prendre aucun risque avec sa santé mais également pour mesurer l’impact écologique et social du produit cosmétique. Par exemple le problème se pose de plus en plus avec le beurre de karité brut contre le raffiné. Dans le second cas le processus d’obtention pose des questions environnementales sérieuses et au-delà de ça, il y a peu de garanties quant’à la justesse de rémunération des populations locales défavorisées qui fabriquent ce beurre. La spécialiste de la question reste Carole TAWEMA fondatrice de la marque de cosmétiques Karethic. Dans son interview avec oolution, elle déclare :
« Le raffinage est utile aux industriels, notamment aux multinationales consommant des volumes importants de karité. On peut même considérer qu’il permet de recycler un karité de mauvaise qualité, mal produit ou mal conservé. Mais il enferme les productrices dans un cercle vicieux où la norme est un karité de faible qualité, acheté à bas prix, à des femmes maintenues dans une position inférieure à celle des « industriels magiciens » ».

A l’état initial, un ingrédient brut est distinctif. Le beurre de karité brut se distingue du raffiné par sa couleur jaune pâle et son odeur caractéristique. Mais dans un produit de beauté transformé comme une crème de jour, comment savoir car sur la liste des ingrédients le nom INCI reste Butyrospermum Parkii. C’est là qu’il va falloir entrer dans l’analyse de la marque fabricante elle-même.

2. Les actions valent plus que les mots

Quelles actions concrètes ont été mises en place par la marque pour « rendre le monde meilleur » ? Attention il ne faut pas confondre action sincère ancrée dans les valeurs d’une société (depuis sa création ou non) et action effectuée dans le seul but d’améliorer sa propre image comme nous disions en introduction. L’engagement doit être cohérent et soutenu dans le temps. Il doit se présenter comme le fil conducteur de toutes les actions de l’entreprise. Si une boite aux activités hautement polluantes va faire des dons réguliers à une association engagée pour l’écologie et vient s’autoproclamer éco-responsable… Tout le monde est d’accord, ce n’est pas logique.

Un autre élément déterminant va être la transparence. C’est toujours plus rassurant lorsqu’une entreprise montre les coulisses de ses activités : la rencontre avec les partenaires, les processus de fabrication, la présentation des employés, etc.

3. Le prix est-il un facteur déterminant ?

Oui le fait de rémunérer ses partenaires au juste prix et/ou de mettre en place des solutions spécifiques pour l’environnement va coûter plus cher. Et cela reste vrai même si le prix est fonction d’autres paramètres importants comme la nature du produit lui-même ou les capacités de production de l’entreprise. Nous avons été bien habitués à payer des produits de qualité tout à fait acceptable à bas prix mais cela s’est malheureusement fait au détriment de certaines populations ou de la nature. Et si vous avez lu cet article, vous le savez déjà : tant que nous ne serons pas prêts à changer nos habitudes, les maques ne verront aucune raison de changer les leurs.

Vous êtes spécifiquement touché par le développement économique et social du continent africain ? Lisez notre article sur les 6 marques qui vous font allier valeurs et consommation.

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