Afropreneurs : par qui vous faire accompagner pour booster vos business

Le 16 Avril dernier j’ai eu une discussion bien inattendue avec mon ami Lüdi sur la fréquentation des incubateurs par les afropreneurs en France.

Nous parlions de nos entreprises respectives qui ont une vision commune. Moi en commercialisant des soins capillaires Made In Africa, lui via sa marketplace dédiée aux professionnels du continent, nous voulons tous deux créer de la richesse en Afrique. Quelques heures avant je passais en jury de demi-finale pour le concours JEA (Jeune Entreprise Accélérée) organisé par l’incubateur Beelys. Plus qu’un concours, c’est un dispositif gratuit de 4 mois de formation et d’accompagnement à l’entrepreneuriat. Je lui faisais les louanges de ce genre de parcours et lui suggérais de candidater à la prochaine édition. Mais il s’est montré plutôt dubitatif en disant : « ils ne comprennent pas nos problématiques ».

Lorsqu’on évolue en tant qu’entrepreneur afroconscient en France on peut parfois avoir du mal à exprimer ses convictions librement. Par peur d’être incompris, de se sentir jugé, de paraître cliché peut-être. Le problème, c’est que beaucoup succombent à cette peur et finissent par s’enfermer dans leur projet plutôt que de profiter de belles opportunités de booster leur business.

1. Pourquoi intégrer une structure d’accompagnement à l’entrepreneuriat

  • Pour acquérir des compétences spécifiques à votre business

Personne ne naît entrepreneur et pour le devenir il faut bien se former. L’accès à l’information est de plus en plus facilité avec internet mais l’interaction en direct est toujours un plus. On peut par exemple bénéficier d’un regard extérieur sur nos stratégies.

  • Pour le réseau et la visibilité

Les structures d’accompagnement sont souvent soutenues par de multiples partenaires, notamment la presse ou des investisseurs. C’est une belle opportunité de promouvoir son activité et de trouver des collaborateurs. Juste une année en arrière, je n’avais encore qu’une idée que je ne savais absolument pas comment concrétiser. La solitude était de loin la chose la plus difficile à gérer car je ne connaissais personne qui pouvait vraiment m’aider à me lancer et à faire connaitre mon activité. Aujourd’hui je ne compte plus les soirées réseau auxquelles j’ai pu participer. Le 23 Mai dernier, l’opportunité m’a été donnée par mon incubateur de pitcher mon projet devant de grands noms de la presse : Bref Echo, Le progrès, Le journal Des Entrepreneurs, etc.

  • Pour le challenge

Il est vraiment dommage de se priver de tous ces dispositifs, passer à côté de la visibilité qu’ils apportent, les conseils, le réseau, sous prétexte que « ils ne comprennent pas nos problématiques ». Dans ce cas plus on sera nombreux à leur expliquer et plus ils se familiariseront avec.
Oui, dans bien des cas je me suis sentie incomprise face aux réactions de mes interlocuteurs : « pourquoi les cheveux crépus auraient besoin de soins spécifiques ? » et « pourquoi tant vouloir produire en Afrique, ça complique tout non ? »
Mais j’aurais voulu ouvrir une boulangerie, certaines personnes n’auraient pas compris non plus. Être parfaitement compris reviendrait à évoluer dans une zone de confort ou le challenge n’existe pas. Et ça pour les entrepreneurs que nous sommes, ce n’est pas envisageable. Il est plus qu’indispensable d’avoir à défendre ses convictions pour les ancrer en nous, et de se confronter à l’avis des autres pour voir nos possibles erreurs.

2. Comment choisir sa structure d’accompagnement

Il faut déjà distinguer les différents dispositifs existants. Les incubateurs interviennent souvent en début d’activité et aident à concrétiser une idée. Les accélérateurs interviennent plus en aval, lorsque l’entreprise est déjà lancée, qu’on a une preuve d’intérêt du marché et que l’on veut accélérer la cadence. Je ne cite pas de noms de structures en particulier car Il en existe des dizaines en France selon votre département, activité, etc.

On compte aussi les coachs individuels mais il faut toujours faire attention à cette catégorie. En effet, de plus en plus de personnes s’autoproclament expertes sur la toile et promettent d’accélérer vos affaires, vous rendre millionnaire et faire pousser vos cheveux en un temps record.. Bien se renseigner avant de prendre une décision. Privilégier ceux qui ont une réelle expérience en entrepreneuriat et un domaine d’expertise en particulier. Un coach qui prétend savoir tout faire c’est généralement mauvais signe. Si vous êtes en Île de France je vous suggère deux coaches qui m’inspirent confiance : Esther FOTSE de Kaefra Events et Lorraine KONE de Imya Consulting Agency.

Les types de programmes qui sont proposés vont du mentoring personnalisé aux ateliers collectifs, certains sont en même temps des concours où il est possible d’obtenir une aide au financement à la fin du programme. Dans ce dernier cas, la participation est souvent gratuite, on y accède par sélection. Personnellement j’aime mixer les réseaux. J’ai démarré avec le programme Lyon Start-up pendant 4 mois, puis ai intégré l’incubateur les premières Rhône-Alpes avant de poursuivre avec JEA en parallèle.

Pour choisir le dispositif qu’il vous faut, plusieurs critères à considérer :

  • Le projet en lui-même

Quelle thématique traitez-vous ? Si vous évoluez dans le secteur de la mode, vous aurez peut-être envie de vous plonger dans un environnement qui traite de ce sujet-là. Ou alors, vous préférez la diversité autour de vous et dans ce cas opterez pour un incubateur ou autre structure non spécialisée.

  • Quels sont vos besoins ?

Vous recherchez du réseau, de la visibilité, un mentor ? Chaque structure fait sa propre promesse.

3. Les réseaux d’accompagnement en France peuvent-ils nous aider avec nos thématiques afroengagées ?

Les premières fois que j’ai eu à présenter mon projet devant un jury, j’ai pu ressentir un certain inconfort. Comme si je n’avais pas le droit, comme tous les autres candidats de défendre mes valeurs.

A force de me débattre parfois avec ces autres qui me feront toujours des remarques désobligeantes, qui auront un a priori sur le continent africain alors qu’ils n’y ont jamais mis les pieds, j’ai fini par me laisser imprégner de leurs propos à un certain stade de mon parcours et par me dire que je n’étais pas à ma place. Aujourd’hui, ce sur quoi je me concentre c’est toutes les fois où mon combat a été accepté, tous les encouragements et regards bienveillants que j’ai reçus.

Pour répondre aux inquiétudes de mon ami Lüdi, bien sûr que nous afropreneurs pouvons nous faire accompagner dans des structures « classiques ». Les bases du marketing ou de la comptabilité qui y sont enseignées sont les mêmes pour tous. Puis encore une fois, pourquoi ne pas mixer les réseaux on peut tirer du bon de partout.

Si vous hésitiez aussi à vous faire accompagner dans votre projet de peur de passer pour l’outsider, j’espère que cet article vous aura aidé à sauter le pas. De mes formations j’ai tiré entre autres quelques méthodes pour augmenter ma productivité. Autrement dit gérer le manque de motivation et arrêter de procrastiner. J’en ai créé une fiche récapitulative. Inscrivez-vous ici pour la recevoir gratuitement.

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